Où en est l’Europe ? J’ai été amené à réfléchir sur la question à travers plusieurs interventions et conférences récentes, à l’ENA et à l’école polytechnique notamment. Et force est d’établir un diagnostic pour le moins réservé. L’Europe a ouvert une nouvelle page avec la ratification du traité de Lisbonne, qui clôt, pour une période assez longue me semble-t-il, le débat institutionnel qui agite l’Union depuis 15 ans. J’ai voté ce traité, essentiellement fonctionnel, dépourvu ou presque de contenu économique et social, justement parce qu’il me paraissait de nature à déverrouiller une situation bloquée, à permettre à une Europe paralysée de disposer de mécanismes de décision plus efficaces, plus démocratiques. Cette conviction reste la mienne : à terme, les bénéfices de ces réformes institutionnelles apparaîtront, à travers une plus grande lisibilité de l’action européenne, une incarnation plus claire de sa représentation, une place supérieure du Parlement européen dans un espace public en formation. Je ne suis pas pessimiste pour l’avenir. Mais le présent, avouons le, n’est pas réjouissant. D’abord, parce que la mise en oeuvre du traité a débuté à l’économie. Appelés à désigner les nouveaux responsables des institutions européennes – le Président du Conseil européen, le Haut représentant pour la politique étrangère, le Président de la Commission européenne – les Chefs d’Etat et de gouvernement n’ont pas eu, semble-t-il, la main très heureuse. Pour ce qui concerne le Président de la Commission, pas de surprise, puisque José-Manuel Barroso a été reconduit. On connaît ses qualités manoeuvrières, on sait aussi quel piètre défenseur de son institution, quel adepte paradoxal de l’intergouvernementalisme, quel libéral « à l’ancienne » il est, dans un monde qui change et appelle la régulation. Le Président de la Commission est connu, sa crédibilité est faible, et personne ne voit par quel miracle il pourrait la rétablir.
Les deux autres nominés sont plus nouveaux, et occupent des fonctions qui n’existaient pas jusqu’alors. Il était évident, d’emblée, que les membres du Conseil européen avaient opté pour un profil bas. Les premiers pas du nouvel attelage confirment cette analyse. Il est sans doute trop tôt pour se prononcer au sujet d’Herman Van Rompuy. Il est intelligent, il est discret, on le dit méthodique. Peut-être tisse-t-il sa toile, en attendant son heure. En tout cas, chacun constate un des dysfonctionnements du traité : la coexistence compliquée entre la Présidence permanente du Conseil européen et la présidence semestrielle tournante du Conseil des ministres, en l’occurence la compétition entre le nouveau « chairman » du Conseil européen et le Premier ministre espagnol, José Luis Zapatero. Ce conflit là se clarifiera, je l’espère, à l’usage. Madame Ashton, elle, suscitait un plus grand scepticisme encore. Elle le justifie hélas : son absence d’initiative sur Haïti, ses piètres explications depuis lors illustrent de pauvres débuts de sa part. Il ne lui sera pas simple, dans ces conditions, de redresser la barre, d’autant qu’elle ne semble pas douée de tous les talents politiques. Résultat : le leadership européen, qui devait être mieux incarné, apparaît au contraire fragmenté et terne, l’Europe est handicapée par le « casting » faible que ses principaux responsables ont choisi un peu cyniquement. Barack Obama, très préoccupé il est vrai par sa situation domestique, qui l’oblige à combattre pour restaurer l’image de sa présidence, ne viendra pas au sommet Etats-Unis/Europe. C’est un camouflet pour la présidence espagnole, c’est un avertissement pour l’Europe politique. Il faudra faire mieux, si elle entend peser dans le monde.
La ressource politique est par ailleurs faible dans les gouvernements nationaux. Nicolas Sarkozy sait se servir de l’Europe à son profit, il l’utilise habilement comme une carte de politique… intérieure. Mais il n’est pas un Européen convaincu : il n’en a pas la fibre, il n’a pas de vision, il ignore l’histoire. Angela Merkel, étrangement, est affaiblie depuis… sa victoire lors des élections législatives, qui la confronte à un partenaire libéral rugueux, partisan d’une politique de baisse des impôts singulièrement contra-cyclique. Et le « couple » politique formé par le Président français et la Chancelière allemande, si différents, n’est ni harmonieux, ni entraînant. Ajoutons à cela une Italie berlusconisée, loin de sa force d’entraînement fédéraliste, une Espagne en crise, des pays d’Europe centrale et orientale confrontés à la récession et la perspective d’élections britanniques qui pourraient ramener au pouvoir les Conservateurs, qui se battent sur un programme violemment eurosceptique : le tableau n’est pas rose, mais bleu sombre. Dans ces conditions, l’Europe conservatrice est, évidemment, peu capable de proposer les solutions adéquates face à une crise qui appellerait pourtant une Europe forte, active dans les négociations - internationales, commerciales, monétaires, environnementales - à l’initiative sur la régulation économique et financière, volontaire dans ses politiques de relance, attachée à la cohésion sociale. Cette Europe de droite est hélas vouée au mieux à l’immobilisme, au pire à la régression.
Ne nous trompons pas sur les leçons à tirer de cette analyse, que je ne crois pas exagérément pessimiste, mais plutôt lucide. Ne revenons pas, une fois de plus, à nos démons institutionnels. Ce n’est pas le traité de Lisbonne qui est en cause : il représente un progrès, limité mais à mon sens indéniable. Ce qui pose problème, c’est l’usage qui en est fait par des Chefs d’Etat et de gouvernement à la fois conservateurs et égoïstes. Ce constat est un appel lancé en direction de la famille socialiste. Nous avons, certes, des échéances nationales et locales : soyons engagés dans la bataille régionale, comme je l’ai fait encore samedi aux côtés de mon ami François Patriat, brillant Président de la Région Bourgogne. Mais n’oublions pas que notre avenir réside d’abord dans la qualité de notre projet, un projet qui sera, nécessairement, européen – sans être forcément euro-béat ou européiste. Je l’ai déjà dit, je le répète ici : le socialisme de demain sera européen, ou bien il ne sera pas. Ce n’est pas là pour nous une option, mais une ardente obligation.
Copenhague est l’affaire de tous. Le sommet pour la planète – du 7 au 18 novembre dans la capitale danoise - a donné rendez-vous à bien plus que les décideurs politiques et les organisations environnementales : les artistes se mobilisent pour l’Ultimatum Climatique et les autres supports de la campagne « tck tck tck » invitent les citoyens du monde à pétitionner pour que chaque « tick » du compte à rebours d’ici l’ouverture le 7 décembre marque un effort de chacun et une ambition de plus de nos gouvernements.
Cette 15ème Conférence of the Parties doit, pour prendre la suite du protocole de Kyoto à partir de 2012, engager les pays à ne pas dépasser 2°C d’augmentation de température mondiale par rapport à l’ère pré-industrielle (1850). Pour avoir une chance d’y parvenir, les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) devront avoir diminué d’au moins 50 à 85% en 2050 par rapport à 2000.
Une obligation de réussite
Le défi de Copenhague va au-delà de toute échelle connue. Il s’agit tout d’abord d’un défi impératif, trivial mais vital : la lutte contre le changement climatique n’est pas la protection de la planète en tant que rocher mais la sauvegarde des conditions de vie et de santé de l’humanité dans un délai suffisant pour permettre son adaptation. A ce défi d’échelle s’ajoute un défi temporel pour les pouvoirs publics : en matière d’environnement plus encore que dans tout autre domaine, les échéances ne sont pas calées sur les mandats électoraux. Il s’agit donc de prévoir et de tenir un cap sur le (très) long terme. Or, le courage politique de dépenser plus aujourd’hui en prévention pour dépenser moins demain en adaptation - et de rompre avec des décennies de choix industriels et énergétiques erronés - continue de faire défaut, y compris en France, dans les décisions gouvernementales stratégiques (budget, plan de relance, mix énergétique, soutien sans réorientation d‘industries délocalisables et/ou énergivores…).
Copenhague est enfin un défi pour la gouvernance mondiale : les gaz à effet de serre ne s’arrêtent pas aux frontières et les pays du Sud seront plus vite et plus durement touchés. L’accord doit donc être à l’échelle du problème, global. Une absence d’un ou plusieurs acteurs clés dans l’accord final, comme les Etats-Unis furent absents de Kyoto, serait un échec majeur. Il faut donc l’éviter à tout prix, quitte à déplacer cet accord de quelques mois.
Les solutions existent
Pour répondre à ces défis, les moyens sont connus, les solutions techniques existent, les acteurs sont identifiés et des premiers outils sont en place. Encore faut-il les réadapter aux nouveaux scenarii climatiques, bien plus pessimistes. Du « droit à polluer », il nous aujourd’hui faut passer au « devoir de non polluer », en incluant dans le marché carbone un bien plus grand nombre de secteurs et sous-secteurs, en veillant à des objectifs suffisamment contraignants et en s’engageant vers des réglementations internationales minimales qu’un simple mécanisme de marché ne permet pas d’atteindre.
La lutte contre le changement climatique ne doit par ailleurs pas se transformer en colonialisme énergétique de deuxième génération… il faudra rester vigilant sur la part exigée des réductions domestiques, sur l’expropriation par des grandes compagnies des nouvelles ressources vertes des pays en développement : forêts, biocarburants, énergies solaires vont nécessiter des modes de financement spécifiques.
Yann-Arthus Bertrand nous dit qu’il est « trop tard pour être pessimiste » ; il est en tout cas trop tard pour se contenter de parler de la lutte contre le changement climatique. Celui-ci frappe en premier lieu les pays les moins développés et – plus près de nous encore -les populations les plus démunies. Ne serait-ce qu’en France, les crédits d’impôts et Prêts à Taux Zéro du Grenelle s’adressent à ceux qui ont déjà des moyens suffisants pour investir dans une reconversion énergétique. Il s’agit donc d’allier demain énergies renouvelables et soutien aux plus fragiles, sous peine de créer de nouvelles inégalités, aux conséquences dramatiques. A long terme, seule cette approche sociale de l’écologie est viable. Elle constitue également la marque de fabrique de notre engagement socialiste.
Déjà un échec ?
La clé de Copenhague, c’est l’attitude des Etats-Unis et de la Chine…: si les projets de type Mécanisme de Développement Propre (MDP) permettent au total d’économiser les émissions annuelles de la France (environ 400 millions de tonnes), elles constituent moins de 3% des émissions mondiales. A titre de comparaison, les Géants non-Verts que sont les Etats-Unis et la Chine produisent environ 6 milliards de tonnes CO2éq chacun par an. Le climat de la Terre vivra donc bien au rythme de leurs avancées.
A ce titre, Copenhague est presque déjà un échec : les Etats-Unis, réveillés depuis quelques mois seulement, refusent la fixation d’un objectif global et proposent au mieux une baisse de 5% de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 par rapport à 1990 (ce qui équivaut aux 17% proposés entre 2005 et 2020 – tout est dans la date de référence). Pour infléchir leur position, la Conférence doit faire émerger un troisième groupe de pays par rapport à Kyoto, celui des puissances émergentes avec la Chine, l’Inde et le Brésil : leur responsabilité passée est moindre, mais l’approbation d’un business as usual serait irréaliste par rapport aux enjeux et inéquitable… Le risque d’engagements uniquement sur l’intensité carbone de l’économie, comme la Chine propose actuellement, est de tuer tout espoir d’objectif global.
Reste l’Europe : pour avoir la première mis en place son marché d’échange de quotas (ETS), imposé des normes contraignantes à ses Etats membres et pour proposer 30% de réduction de gaz à effet de serre d’ici 2020 en cas d’accord international, l’UE est en tête de la lutte contre le changement climatique. En respectant ses engagements de Kyoto, elle montre au monde, comme les collectivités locales l’ont montré au gouvernement dans l’urbanisme et les transports, que la reconversion de la société et la diminution des gaz à effet de serre est un chemin possible. Elle doit cependant s’engager plus encore, pour proposer des objectifs à la hauteur réelle des enjeux mais aussi dans l’aide aux pays en développement. Cette aide européenne peut servir de levier susceptible de faire pression et d’entraîner l’un ou l’autre des blocs cruciaux dans ces négociations. L’Europe compense par là son absence de maîtrise des plus gros gisements d’économies d’énergies mondiaux, en mettant son action au cœur de la négociation climatique. L’Europe a donc un rôle à jouer, pour peu qu’elle s’en donne les moyens – institutionnels et politiques.
Au nom du Président, Dr. h.c. Herbert Schmalstieg, nous avons le plaisir de vous convierà laConférence de l’Union des Elus Locaux et Régionaux Socialistes d’Europe (UELRSE)sur le thème «Construire l’avenir: La contribution des autorités locales et régionales à une Europe démocratique, sociale et durable»qui se tiendravendredi,le16 octobre 2009, de 13 h 00 à 17 h 15,à Paris, dans les bâtiments duSénat(15 rue de Vaugirard 75006 Paris).
The Union of Socialist Local and Regional Representatives in Europe (USLRRE) invites PES activists to join the conference « Shaping the Future: The Contribution of Local and Regional Authorities to a Democratic, Social and Sustainable Europe» on 16 October 2009. The conference is organized by USLRRE together with the Federation of French Socialist and Republican Local and Regional Representatives (FNESR) will take place from 13h00 to 17h15 in the Senate in Paris. Speakers include PES Secretary General Philip Cordery, Harlem Désir MEP and Pierre Schapira, Deputy Mayor of Paris. Consult the programme
Interrested activists are asked to fill in the form and return it by fax (+49 30 35993 970) or e-mail (p.hamon@bundes-sgk.de). Please note that prior registration is mandatory to ensure access to the conference.
For further enquiries please contact the secretariat of the USLRRE :
Peter Hamon - tel.: +49 30 25993 965
The USLRRE is a network which is committed to the reinforcement of local self- government and promotes the exchange of ideas, information and experiences amongst socialist local and regional representatives in Europe. Created in 1979 the USLRRE is one of the oldest socialist organizations on the European level and an observer member of the Party of European Socialists (PES). Membership of the USLRRE is open to all member parties of the Party of European Socialists (PES) or their organizations for local government. For more information on the USLRRE read the brochure or go to the website.
En amont du sommet européen extraordinaire qui se tiendra demain, le président du PSE Poul Nyrup Rasmussen a appelé les chefs d’Etat et de gouvernement à adopter une stratégie triangulaire en vue du G20 qui se tiendra à Pittsburgh prochainement.
« L’UE doit adopter une stratégie triangulaire pour le G20 : tout d’abord, elle doit promouvoir un accord pour mettre fin à toutes les déficiences et lacunes de la réglementation financière dans le cadre de la course vers le haut que veut entamer le président Obama ; deuxièmement, un impôt mondial sur les transactions financières doit être adopté ; et troisièmement, il est fondamental d’élaborer une stratégie ‘d’entrée’ coordonnée sur le marché du travail afin de lutter contre le chômage de masse ».
Sur la position de l’Europe relative à la réforme des marchés financiers au sein du G20, le président du PSE a ajouté :
« Les grands cadres financiers ont repris les affaires comme si de rien n’était. Si l’UE ne s’engage pas à corriger les failles du système, nous deviendrons une source d’arbitrage purement réglementaire et perdrons toute crédibilité au sein du G20 ».
M. Rasmussen considère par ailleurs que les chefs d’Etat et de gouvernement européens devraient se pencher sur la proposition d’une taxe mondiale sur les transactions financières, qu’il juge réaliste :
« Les chefs d’Etat et de gouvernement feraient bien d’adopter la proposition tout à fait viable de Frank-Walter Steinmeier et de Peer Steinbrück appelant à l’adoption d’un impôt mondial sur les transactions financières lors du G20. Il est juste que les marchés financiers paient leur part des sauvetages banquiers et des efforts pour la relance. Les citoyens n’ont pas à payer le prix. Il est urgent d’adopter un impôt sur les transactions afin de financer les investissements à long terme dans l’économie réelle ».
Enfin, le président du PSE s’en est pris aux voix de la droite européenne qui appellent à une stratégie de sortie au G20.
« Reinfeldt et Merkel poussent pour une stratégie de sortie lors du G20 mais il est trop tôt : une telle stratégie mettrait fin à tout espoir de relance forte pour la croissance et l’emploi. Seul un maigre 0,1% du PIB dans les paquets de relance budgétaire a été consacré directement aux marchés de l’emploi : voilà qui en dit long sur l’engagement de l’Europe à lutter contre un chômage de masse pourtant en croissance. Les millions de chômeurs européens demandent une stratégie d’entrée coordonnée sur le marché de l’emploi européen et lors du G20. C’est là la seule façon de garantir la relance ».
Le feuilleton le plus exaltant de l’été : la reconduction de Barroso dans son fauteuil. Indécision, trahisons, calculs, incompréhension, et l’Histoire qui se fait à petits pas en toile de fond. Bien entendu, ceci ne se fait pas aux heures de grande écoute dans les grands médias : le public a eu sa ration d’Europe pendant les élections sans doute.
Une des questions chaudes de la précampagne fut la candidature Rasmussen à la tête de la Commission, en cas de victoire de la gauche. Daniel Cohn-Bendit pour Europe-Ecologie avait soutenu cette perspective, et François Bayrou pour le PDE également in fine. Faute d’accord en son sein (le Portugal, l’Espagne et les Anglais manquant à l’appel), le PSE avait fait silence sur la question, silence auquel le PS français avait fait un écho profond. Puis sont tombés les résultats des élections, et Sauvons l’Europe qui avait préparé une tribune en ce sens l’a rangée dans ses cartons. De même, les nombreux sitesappelant à son remplacement ne connaissent plus guère d’activité depuis le scrutin (sauf…).
Barroso, prédésigné par les chefs de gouvernement, avait donc le champ libre. Restait une question angoissante : devait-il être désigné tout de suite dans le cadre du Traité de Nice, avec un simple vote du Parlement le 15 juillet, ou devait-on laisser la Commission actuelle perdurer le temps que rentre en force le Traité de Lisbonne, et faire sanctionner dans un débat par le Parlement le renouvellement du maoiste portugais en octobre ? Barroso lui-même faisait campagne activement pour la première option, allant jusqu’à théoriser en essence de l’Union européenne la méthode du compromis, ce qui signifiait que les affrontements politiques devaient être cantonnés au Parlement mais ne pas déborder au sein de la Commission. La clarté du résultat électoral a pourtant semblé déblayer cette question, restreignant l’effet pratique attaché à la possibilité de choix du Parlement, et Barroso a pu se permettre de réitérer sa position lors de sa désignation, excluant l’affrontement politique de la Commission – c’est-à-dire de la conception de la politique européenne.
Une candidature Rasmussen demanderait en effet l’union de tous les socialistes et des forces de gauche, le soutien de tout l’ALDE et une neutralité des souverainistes. Autant dire que Barroso disposait d’une base très favorable pour constituer sa majorité. Il lui suffisait, comme dans tout dispositif parlementaire classique, de s’attacher les éléments les plus faibles de toute autre coalition potentielle. Les socialistes Espagnols, Portugais et Grands Bretons, après leur première prise de position en sa faveur, pouvaient difficilement se rétracter sans mettre en péril les relations de leurs pays avec la future commission. Rasmussen s’est donc de fait retiré de la course en publiant une tribune reconnaissant – et déplorant – la victoire de la droite.
Une candidature centriste devenait alors plus dangereuse. On se remettait à parler de Guy Verhofstadt, mais surtout le PDE avait sorti le nom de Mario Monti du chapeau. Celui-ci s’était alors fendu d’une longue interview dans le Monde, pour expliquer que bien sur il n’était candidat à rien, mais que son opinion détachée des choses de ce monde était que l’Europe devait rééquilibrer sa politique vers le social et que si le Président de la Commission doit refléter l’équilibre du Parlement (un centriste, par exemple ?), il n’en va pas de même des autres membres. Pour conjurer le danger, Barroso proposa informellement de nommer Graham Watson à la tête du Parlement européen, ce qui était de nature à enlever les hésitations de l’ALDE.
L’affaire étant pliée, Barroso s’est offert le luxe de s’essuyer les pieds sur le Parlement, de se faire prédésigner par les chefs d’Etat et d’oublier Graham Watson pour laisser le PPE et l’APSD(PE) conclure un accord technique sur une présidence tournante du Parlement (Jerzy Buzek pour les premiers, Martin Schulz pour les seconds).
Cependant, la nomination de Guy Verhofstadt à la tête du groupe ALDE, et à l’unanimité, a changé quelque peu la donne. Barroso lui avait été préféré en 2004 après un veto de Tony Blair, qui le jugeait trop fédéraliste. Le titre de son dernier livre est : « Sortir de la crise : comment l’Europe peut sauver le monde », tout un programme ! S’ensuit un fort débat au sein de l’ALDE, pour savoir si la nomination de Barroso doit être validée le 15 juillet, ou plutôt en octobre (les français poussent beaucoup pour la seconde solution). Faute d’accord, Guy Verhofstadt a obtenu l’unanimité sur le compromis suivant, pour sauver l’influence politique du Parlement : les gouvernements doivent désigner officiellement leur candidat, et plus seulement le prédésigner, un mémorandum de l’ALDE lui sera adressé sur une feuille de route pour sortir de la crise (on peut appeler ça un programme de gouvernement) et Barroso devra produire son propre mémorandum pour discussion au Parlement. A défaut, l’ALDE refusera une nomination le 15 juillet. Or répondre à ces conditions dans les quinze jours est bien évidemment impossible et la question se trouve ainsi tranchée en fait, et une majorité négative ALDE / EE /
APSD / GUE est apparue pour empêcher la désignation de Barroso en juillet.
Peu commenté en tant que tel, cet évènement a eu en pratique un impact considérable sur l’équilibre des institutions, et le modèle politique de l’Union a irrémédiablement changé. La question de la désignation du Président de la Commission a irrigué toute la campagne au niveau des responsables politiques (mais pas pour le bon peuple), et Barroso a été contraint de prendre avec les députés des contacts qui ressemblent à s’y méprendre à ceux d’un premier ministre potentiel cherchant à se constituer une majorité dans un parlement incertain. Lisbonne n’est pas encore entré en vigueur, mais dans l’esprit des politiques européens il est sans doute déjà dépassé par une réelle conscience de majorité parlementaire et de responsabilité ministérielle, même si celle-ci n’est pas encore explicitement énoncée. La prédésignation officieuse de Barroso n’est pas un diktat des gouvernements, c’est simplement la conséquence tirée de la situation sortie des urnes.
Barroso a donc préparé pendant l’été un programme de gouvernement à présenter début septembre aux groupes politiques, dans lequel il renie en grande partie ses positions de campagne, notamment sur le rôle du Parlement européen et surtout sur l’accroissement de la régulation financière qu’il répudiait encore il y’a trois mois à peine. Passant sur son bilan et cherchant le consensus le plus large possible, il propose ainsi une Europe plus libérale, plus sociale (et plus individuelle) et plus verte, régulant mieux les secteurs clés mais diminuant la contrainte bureaucratique, accroissant l’intervention européenne pour sortir de la crise, mais sans augmenter ses pouvoirs, ses compétences ni son budget. La qualité de ce document a produit le consensus inverse, au point que le nom de François Fillon a commencé à se répandre sérieusement au sein du PPE.
Il s’est lancé dans une série de grands oraux devant chaque groupe politique, l’accueil le plus chaleureux lui ayant été réservé par les eurosceptiques britanniques. Jean Luc Mélenchon en fait un compte rendu détaillé pour la GUE. Cet épuisant marathon nous amène au vote d’hier.
Souvenons-nous que l’ALDE avait empêché un vote sur la reconduction de Barroso en juillet, mais qu’en était-il de la suite ? Attendrait-on l’entrée en vigueur éventuelle du traité “simplifié” ? Ou pas ? Ici, un superbe pataquès à compter dans les annales du parlementarisme. En effet, la conférence des présidents de groupe s’est réunie le 10 septembre, afin de fixer l’ordre du jour à venir ; chaque président disposant d’un nombre de voix proportionnel aux membres de son groupe. Or le “front” anti-Barroso n’a tout simplement pas existé ! Non pas que certains se soient rendus à sa reconduction, mais simplement que faute de s’être simplement parlés, leurs initiatives ont été contradictoires.
Les socialistes, tout d’abord, ont demandé un report du vote. Pas de majorité. Les verts ensuite, plus fins, ont proposé la prolongation de la commission actuelle jusqu’à octobre. Pas de majorité. L’ALDE, plus fin encore, a proposé deux votes successifs, sous le droit actuel puis le cas échéant sous le traité de Lisbonne. Pas de majorité. Quant à la GUE (Front de gauche), elle s’est… abstenue !!! Dans la meilleure tradition de l’antiréformisme, la GUE étant opposée au Traité de Lisbonne a refusé de sembler l’entériner en demandant qu’il régisse la désignation du nouveau président de la Commission.
Prévu mercredi 15 septembre, ce vote à la majorité simple ne promet guère de suspense…
Et voilà comment on reprend le même et qu’on recommence.
Etre Européen ce n’est pas seulement se déplacer comme on le souhaite pour les vacances, c’est aussi pouvoir partir étudier un semestre ou un an dans l’un des 31 pays du programme Erasmus.
Erasmus ? Oui, vous avez bien lu. Ce programme européen en matière d’enseignement supérieur a trouvé son nom en référence à Erasme de Rotterdam, un philosophe et humaniste néerlandais du XVIe siècle. Le programme Erasmus a été créé en 1987, et depuis lors, 1,7 million d’étudiants européens en ont déjà profité, dont 217 000 Français.
Etudiants et enseignants sont les principaux bénéficiaires des activités Erasmus. En 2007, le programme s’ouvre à d’autres publics.
“Partir en Erasmus” est devenu une véritable institution ! A partir de la deuxième année post-bac, de plus en plus d’étudiants partent pour une année universitaire, en Espagne, en Allemagne ou encore en Suède…
Claudio Martini, président de la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM) et de la région Toscane, regrette que la Commission européenne ne laisse pas la possibilité de financer à 100%, avec le Feder et le fonds de cohésion, des projets de fonds structurels pour les années 2009-2010. Il qualifie de “grande erreur” de n’avoir pris cette décision que pour le Fonds social européen (FSE), dans une communication publiée le 22 juillet qui vise à assouplir l’utilisation des fonds structurels.
Claudio Martini regrette que parmi les mesures adoptées pour 2009 et 2010 pour faire face à la crise économique, la Commission n’ait pas été assez ambitieuse pour s’engager dans un financement à 100% sans demander de contreparties aux Etats ce qui est normalement obligatoire pour tous les fonds structurels.
“L’extension d’une telle mesure à tous les fonds structurels, et pas seulement au FSE, aurait pu accélérer les investissements (des régions) et éviter que des projets ne soient bloqués du fait d’un manque de contreparties nationales pour les financer”, a ajouté le président, qui demande pour la politique régionale un budget plus important durant la période 2014-2020.
Pour le moment, il se dit soucieux du climat dans lequel se sont déroulées les discussions du Conseil Ecofin: “Couper une partie des crédits de paiement pour l’année 2010 augure mal d’une attitude ambitieuse de l’Europe pour sortir de la crise.”
La CRPM a conduit une enquête auprès de ses membres pour évaluer l’impact de la crise dans les régions et a lancé un manifeste adopté lors d’une table ronde organisée à Bruxelles, à l’invitation de Vincente Álvarez Areces, président de la Principauté des Asturies (ES) en faveur d’un Pacte territorial européen, adressé à la Commission et aux Etats membres la semaine dernière.
Des drapeaux en berne pour annoncer la présidence française de l’Union Européenne…..tout un symbole…..
Dimanche 7 juin fût le jour, pour la troisième fois, de la victoire du PPE. Pour la troisième fois le Parti Populaire Européen (qui n’a de populaire que le nom) sera majoritaire au Parlement Européen
Durant la législature 2009-2014 (une éternité), le groupe PPE disposera d’environ 260 sièges et d’une confortable majorité.
Il émettra, bien évidemment, un avis favorable au maintien de Barroso en qualité de Président de la Commission. Les déclarations du Président Sarkozy et de la Chancelière A Merkel pour un exécutif plus respectueux de valeurs protectrices ne sont, bien évidemment, que de la poudre aux yeux.
L’Europe sociale n’a jamais existé, n’existera pas avant longtemps. Elle était pourtant inscrite dés les années 80/90 dans nos projets socialistes.
La dérégulation va s’accélérer.
Je souhaite beaucoup de courage aux camarades du PSE et de la Confédération Européenne des Syndicats pour les années à venir.
L’Europe telle que nous la voulons, respectueuse des hommes et des femmes de notre continent ne verra pas le jour avant de longues années.
Dans nos états les partis réactionnaires voire nationalistes continueront leur casse.
Quel avenir alors pour l’Europe, quel avenir pour les pays extra européens à faible indice de développement humain, quel avenir pour nos services publics, notre système de redistribution, le mutualisme? Quel avenir……
Qu’y faire à notre petite échelle?
Peut-être commencer par construire une victoire en 2014 dés aujourd’hui. Un projet pour l’Europe ne s’intègre pas à 6 mois d’un scrutin.
Le PSE avec le Manifesto avait lancé une grande concertation auprès des partis socialistes et social-démocrates nationaux, des militants, des associations, des syndicats.
Commençons par apporter notre conception du socialisme au sein du PSE en militant. Un clic suffit pour devenir militant du PSE.
Ce blog est votre outils pour réfléchir ensemble en socialistes européens. N’hésitez pas à nous apporter votre contribution et votre vision de l’Europe.
Ce sont parfois des champs de ruines qu’émergent les plus belles fleurs.
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